Par Lamine Kezzim

(...) le milieu footballistique, possédant sa propre culture, de surcroît différente des autres disciplines, nécessite d’appréhender le milieu avec une connaissance de ce qu’est l’entraînement, le métier d’entraîneur et les savoirs de la pratique. Le métier de « préparateur mental » ne s’improvise donc pas !

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Le football amateur souffre de tous les maux et à tous les niveaux: sur le plan organisationnel, technique, physique, tactique et autre mental. Seuls quelques clubs y échappent car ils sont traditionnellement organisés et financièrement bien lotis, ce qui leur permet de se donner plus de moyens humains, pédagogiques et logistiques. Cependant, la majeure partie de nos clubs amateurs ont largement progressé. Plusieurs facteurs ont favorisé cet état de fait: la qualité de l'encadrement ( des diplômés pour la plupart), le bon niveau des pratiquants (des anciens pros qui viennent apporter leurs expériences), les jeunes qui débutent de plus en plus tôt, (ce qui permet un volume horaire de pratique important), les supports technologiques (logiciels, matériels de préparation athlétique).

Si sur le plan technique, le foot amateur peut rivaliser avec le foot professionnel. Mais il reste un aspect important qui n'est pas à la hauteur des aspirations des concernés, c'est la violence qui caractérise l'environnement de ce même football. Au quotidien, des problèmes majeurs liés au comportement de tous les acteurs empêchent l'épanouissement , notamment, des jeunes joueurs. Mais ils freinent également la possibilité d'améliorer la gestion de ces clubs qui ont besoin de plus de sérénité et d'un climat apaisé afin d'atteindre les objectifs tracés.


Donc une question s’impose, pourquoi nos clubs ne mettent pas en place un dispositif de préparation mentale ? Et en fait ,qu’est-ce la préparation mentale ?!

Le terme de « préparation mentale » et notamment celui de « préparateur mental » est par essence une dénomination très vague. Il n’existe pas à ce jour de véritable statut définissant ces termes et reconnu juridiquement. Toutefois, malgré cette appellation générique, nous trouvons aisément des organismes de formations à la préparation mentale, qu’ils soient universitaires ou privés, avec leurs propres contenus selon la volonté, la spécificité et la sensibilité des formateurs.  
Ainsi, ces formations sont parfois orientées vers des savoirs théoriques (le cas de l’université notamment) manquant alors de confrontation avec la pratique. Parfois, nous pouvons aussi être confrontés à des organismes de formations privés dont le contenu est insuffisamment établi sur les bases de la psychologie. Il ne s’agit pas dans ces propos de porter un jugement mais bien au contraire d’alerter le lecteur sur l’existant. Alors ne nous le cachons pas, nous pouvons trouver dans le monde du football un tas de personnes se disant « préparateurs mentaux ». Ils sont sans véritable formation, sans une dose minimum et nécessaire d’expérience, et donc dans une incapacité de réflexivité sur leur propre mode de fonctionnement. Certains mettent même de côté le code déontologique au profit d’intérêts personnels (financiers, intellectuels…).

De plus, le milieu footballistique, possédant sa propre culture, de surcroît différente des autres disciplines, nécessite d’appréhender le milieu avec une connaissance de ce qu’est l’entraînement, le métier d’entraîneur et les savoirs de la pratique. Le métier de « préparateur mental » ne s’improvise donc pas ! Y-a-t-il une différence entre la préparation mentale et la préparation psychologique ? De nombreux ouvrages font référence à ces notions, mais il est tout de même difficile d’y entrevoir une vérité car chacun possède son propre référentiel au regard de son cursus, sa sensibilité et ses croyances. Quelques éléments ressortant néanmoins, tentent une précision tout de même. 

La préparation mentale est essentiellement centrée sur les apprentissages techniques et les stratégies permettant au sportif de progresser et de mieux gérer sa performance sur le plan mental, émotionnel et physique mais aussi de mieux gérer son environnement.
 
La préparation psychologique, quant à elle, prendrait une profondeur et un sens différents. Elle permettrait d’identifier la source de la difficulté et de trouver les solutions adaptées afin de permettre à l’athlète de s’exprimer pleinement. En d’autres termes, découvrir et se débarrasser des raisons du blocage. 

On comprend aisément qu’il existe une imbrication évidente et que la frontière n’est pas clairement définie, mais doit-elle être précisée ? Pas nécessairement. Cependant, l’intervenant doit avoir clairement déterminé la frontière à respecter au vu de ses connaissances et de ses compétences. Il doit donc disposer de bases solides en psychologie tout comme dans les apprentissages psycho-comportementaux et psychoaffectifs. 

Partant de ce constat, il paraît difficile pour un joueur ou un entraîneur de posséder une idée claire de ce que peut apporter une préparation psychologique. À la vue du manque en logistique (programme de préparation mentale adapté) et en compétences humaines (préparateurs mentaux), il serait judicieux de proposer une « réparation mentale » afin de bâtir les bases d’une vraie préparation mentale !
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