Rechercher

Début de saison rime avec cohésion


“ J’ai moi-même une équipe à entrainer et je peux vous dire que les 2 créneaux d’1h30 sur terrain, je les prends ! Mais avec un peu de créativité et de rigueur sur le timing, on peut poser quelques bases d’un travail de cohésion.”

En physique, la cohésion est la force qui unit les parties d’une substance matérielle. On peut donc définir la cohésion d’une équipe comme les liens qui maintiennent ensemble ses différents membres. « Lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double. »Isaac Newton. Si beaucoup de coachs s’accordent à dire qu’il est important d’avoir une équipe soudée, combien mènent de réelles actions en ce sens ? Dans le foot amateur, où le temps d’entrainement se résume souvent à 2 séances d’1h30, beaucoup pensent encore que travailler la cohésion leur fait perdre du temps. Ils considèrent même cela comme un sacrifice de remplacer une séance par une activité dite de cohésion. Et puis, on retrouve ces mêmes coachs 3 mois plus tard, se plaignant qu’à la moindre difficulté leur équipe sombre, pire encore, leurs joueurs se prennent le chou, parfois en plein match ! « On doit jouer en équipe, encouragez-vous ! » Oui mais quelle équipe ? À quel moment a-t-on travaillé cet aspect ? Loin de moi l’idée de vous dire qu’il faudrait se passer de nombreuses séances sur terrain au profit d’activités de team building. J’ai moi-même une équipe à entrainer et je peux vous dire que les 2 créneaux d’1h30 sur terrain, je les prends ! Mais avec un peu de créativité et de rigueur sur le timing, on peut poser quelques bases d’un travail de cohésion.


L’idéal étant pour moi cependant de faire appel à un vrai spécialiste de la préparation mentale en début de saison (à moins d’être formé et expérimenté dans le domaine). Malheureusement, c’est encore trop souvent vu soit comme un « luxe » réservé aux équipes professionnelles, soit comme une personne qu’on appelle uniquement quand tout va mal, quand la gangrène de la mauvaise ambiance a déjà commencé son œuvre au sein de l’équipe. Mais cela c’est un autre débat. Cependant, avec ou sans préparateur mental, je suis convaincue en tant que coach, qu’on a un rôle fondamental à jouer tout au long de la saison et qu’on peut réellement avoir un impact sur le mental de ses joueurs. Voici les éléments qui peuvent contribuer à une bonne harmonie dans l’équipe :


1) Discuter des objectifs de l’équipe … en équipe :


Souvent le club et/ou le coach balance à la tête des joueurs un objectif de résultat : le titre, le podium, le maintien, … et … c’est tout ! Voilà donc visiblement des joueurs amateurs juste là pour conquérir une certaine place au classement final. Et si on discutait de cela en équipe ? Demander à ses joueurs ce qui les motive à venir peut parfois amener des réponses bien surprenantes et permet de relativiser certaines contre-performances. Cela permet aussi de parfois recentrer son coaching sur des éléments qui sont importants pour l’équipe. Par exemple, si bon nombre de nos joueurs veulent progresser dans leur jeu, il est bon de souligner des points sur lesquels ils se sont améliorés même quand le résultat du match n’est pas satisfaisant. Mais afin de ne pas passer des heures à discuter de ces points et du coup devoir se passer d’une, voire plusieurs séances sur le terrain, il peut être judicieux de donner aux joueurs un timing serré pour d’abord rédiger personnellement les objectifs et ensuite se rassembler par sous-groupe et enfin débriefer en équipe et ressortir les points essentiels. Ce procédé va permettre aux joueurs de discuter sur ce qui les amène à venir s’entrainer, souvent après une journée bien chargée, et à lancer une réflexion sur les motivations intrinsèques de chacun et de soulever les points communs plutôt que de parfois rester bloquer sur des différences. L’idée est de bâtir un projet commun et savoir vers quoi on veut aller.


2) Faire réfléchir les joueurs sur l’identité de l’équipe :


Cela me semble aller de pair avec le point précédent. Leur demander comment ils aimeraient que les gens voient l’équipe peut être révélateur : une équipe de guerriers, de potes, de techniciens… Cela les amènera à réfléchir sur les valeurs de l’équipe. À nouveau, je pense qu’il est assez facile de faire préparer cela aux joueurs individuellement pour ensuite débriefer ensemble. Ecrire quelques valeurs essentielles et ensuite en discuter, me semble assez facile à mettre en place. Le résultat de ces discussions pourra servir tout au long de la saison. Par exemple, si les joueurs se définissent comme étant des guerriers et que la combativité est une valeur importante pour eux, il sera impératif de leur rappeler lorsque l’adversaire leur mène la vie dure et qu’ils baissent les bras. Se focaliser sur des valeurs qui ont du sens pour les membres de son équipe donne plus de poids à l’intervention du coach.


3) Miser sur des jeux de coopération plutôt que de compétition :


Souvent lors des entrainements, on mise sur l’esprit de compétition pour que les joueurs se surpassent. Telle équipe contre telle équipe dans un jeu de possession, course relai, forme de matchs… Il est clair que le football en lui-même est un lieu où la compétition est très présente mais il peut être bon de parfois la laisser de côté pour développer de bonnes relations entre joueurs. Pourquoi ne pas lancer un défi où ils doivent collaborer pour réussir plutôt que de s’opposer ? Au-delà de l’aspect cohésion, cela va aussi nous permettre, en tant que coach (à condition de ne surtout

pas intervenir) d’identifier les leaders et de voir apparaître certains traits de personnalité. Il y aura toujours des plus réservés et d’autres qui vont naturellement mener le groupe. À moins que cela dégénère complètement, c’est un bon moment pour rester en retrait et observer silencieusement le groupe. En début de saison, cela offre de précieuses informations sur le mode de fonctionnement des joueurs.


Tout cela permet de travailler sur 3 axes qui sont pour moi la base de la cohésion : le projet commun, l’identité de l’équipe et les relations humaines au sein de l’équipe. Trop souvent on crie au manque de cohésion quand il est déjà trop tard. Y être attentif dès le départ est le meilleur moyen de bâtir une équipe sur des fondations solides et dans laquelle chaque individu pourra s’épanouir.




240 vues2 commentaires